Centre Maurice Halbwachs

Sociologizing the A Priori. Kantianism and the Sociology of Knowledge in French and German-Speaking Academic Fields, 19th-20th Century

« Catégories sociales » ou « socialement construites », « espace social », « temps social », « conditions sociales de possibilité », « a priori historique », « social » ou autrement « relatif » : autant de formules qui sont aujourd’hui omniprésentes en sciences sociales et humaines. Elles suggèrent toutes une transposition en sciences sociales du raisonnement transcendantal développé par Emmanuel Kant à la fin du XVIIIe siècle. Mais d’où viennent ces expressions ? Comment et pourquoi sont-elles apparues ? Que peuvent-elles signifier du point de vue épistémologique et méthodologique ? Pour éclairer ces questions, la présente thèse étudie l’histoire du problème de la « sociologisation de l’a priori », c’est-à-dire l’idée que les éléments de la connaissance qualifiés d’ « a priori » en philosophie depuis Kant – nos catégories de pensée fondamentales, nos concepts d’espace et de temps, certaines de nos idées les plus générales – pourraient devenir l’objet d’une science générale de la société appelée « sociologie ». Ce problème apparut pour la première fois au début du XIXe siècle avec les transformations institutionnelles et intellectuelles de la soi-disant « Seconde Révolution Scientifique ». Depuis, il préoccupe sociologues, philosophes et autres savants. La présente étude propose une « histoire-problème sociologique » de cette thématique dans une perspective transnationale, interdisciplinaire et de longue durée. À travers une série d’études de cas couvrant la période allant du début du XIXe siècle à la fin du XXe siècle dans les pays francophones et germanophones, elle retrace l’évolution de ce problème sous les conditions changeantes des champs académiques respectifs. La sociologisation de l’a priori apparaît comme une stratégie d’hybridation ambivalente et adaptable qui navigue entre les contraintes de la philosophie académique et la prétention des sciences sociales à l’autorité scientifique sur les éléments de base de la connaissance humaine. Par le biais d’une enquête sociohistorique, la thèse entend contribuer à une meilleure compréhension théorique, épistémologique et méthodologique d’un style de raisonnement largement répandu aujourd’hui en sciences sociales et humaines.

Supervised by

Co-direction

Elisabeth Nemeth

Composition of the jury

Wolf FEUERHAHN, directeur de recherche au CNRS, directeur de thèse.
Elisabeth NEMETH, professeure émérite de philosophie à l’Université de Vienne, directrice de thèse.
Cristina CHIMISSO, professeure de philosophie à The Open University, Londres, rapportrice.
John Levi MARTIN, professeur de sociologie à l’Université de Chicago, rapporteur.
Johan HEILBRON, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur associé à l’Université de Liège, examinateur.
Pierre DEMEULENAERE, professeur de sociologie à Sorbonne Université, président.

Defence

02/12/2025

14h00

54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle AS1_08
Publiée le 2022-01-01 par Webmaster (dernière modification le 2025-11-28)