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Soutenance de thèse de Pauline BLUM

Vendredi 01 décembre 2017, 14h
Lieu
 : École normale supérieure, 48 boulevard Jourdan, 75014 Paris (salle R2-02, 2ème étage du bâtiment Oïkos).
Un quotidien ébranlé. Des jeunes patients de la psychiatrie et leur famille, dans la France contemporaine
Jury :
Mme Muriel Darmon
, Directrice de recherche au CNRS (CESSP-EHESS-Université Paris I)
Mme Maïa Fansten, Maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Paris Descartes (CERMES3)
M. Christophe Giraud (Pré-rapporteur), Professeur de sociologie à l’Université Paris Descartes (CERLIS)
M. Claude Martin, Directeur de recherche au CNRS (Arènes-CRAPE-Université Rennes I-Sciences Po Rennes-EHESP)
M. Serge Paugam, Directeur de recherche au CNRS (CMH-ENS-EHESS), Directeur d’études (EHESS)
M. Olivier Schwartz (Pré-rapporteur), Professeur de sociologie émérite à l’Université Paris Descartes (CERLIS)
Mme Florence Weber (Directrice de thèse), Professeur de sociologie et d’anthropologie à l’École normale supérieure (CMH-EHESS)
Résumé :
Que se passe-t-il lorsqu’on ne peut plus sortir de chez soi ou y rester, lorsqu’il n’est plus possible de se plier aux exigences temporelles et spatiales de l’école ou du travail ? Que veut alors dire « occuper » ces journées ? Que signifie vivre aux côtés d’adolescents ou de jeunes adultes, qui, en retrait au domicile, envahissent ou disparaissent des espaces communs ? Qu’est-ce que s’accommoder de leurs itinérances ? Comment rendre viable un quotidien ébranlé et faire face aux aléas de la reproduction familiale ?
L’enquête ethnographique menée en France, entre 2011 et 2014, auprès de jeunes patients de la psychiatrie et de leur famille, vise à répondre à ces questions. À partir de monographies de familles, d’observations de consultations, de visites à domicile, de séances d’éducation thérapeutique, elle se consacre à la connaissance de leurs conditions d’existence, en contexte de cohabitation familiale. L’omniprésence des pratiques de retrait et d’itinérance, malgré la diversité des situations individuelles, explique qu’elles soient devenues l’objet de cette recherche. Elles sont saisies en tant qu’expériences quotidiennes matérielles du temps et de l’espace, socialement situées. Pour nombre de ces jeunes s’éloignant de l’école ou du travail, les domiciles sont au cœur des existences, des préoccupations et des arrangements. La déroute symbolique, qui découle des dissonances dans leur occupation du temps et de l’espace, et la déstabilisation des économies domestiques expliquent la lourdeur de leur quotidien. Les professionnels qui accompagnent les jeunes au quotidien s’efforcent alors d’agir sur leurs emplois du temps et sur leurs sorties pour les mettre en mouvement.
Cette thèse observe ces jeunes et leur entourage à un moment de bouleversement de leurs aspirations. Plongés pour la plupart dans une incertitude inquiétante, seuls certains d’entre eux sont autorisés à envisager une scolarité au sein de dispositifs qui sauvegardent une espérance rêveuse. Le vécu et les réactions des jeunes – le retrait, la colère, la honte ou encore l’itinérance – sont façonnés par les contraintes (scolaires, productives, familiales, institutionnelles) qui s’exercent sur eux et les injonctions auxquelles ils sont soumis.

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