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Présentation de l’unité

Directeur : Serge Paugam
Directrice adjointe : Séverine Gojard

Le Centre Maurice Halbwachs a été créé au 1er janvier 2006, et s’est installé au cours de cette même année 2006 sur son site actuel du campus de l’École Normale Supérieure de Paris, 48 Boulevard Jourdan. Il résulte de la réunion d’un laboratoire anciennement spécialisé sur la mise à disposition des enquêtes de l’INSEE et sur l’analyse longitudinale des données (LASMAS), et du Département de sciences sociales de l’École Normale Supérieure. Bénéficiant d’une triple tutelle (ENS, EHESS, CNRS), le CMH a été dirigé de 2010 à 2018 par Patrick Michel (DR CNRS, DE EHESS), et maintenant par Serge Paugam (DR CNRS, DE EHESS).

La singularité du Centre Maurice Halbwachs réside notamment – en lien avec les travaux du sociologue dont il a pris le nom - dans l’analyse de la structure et des inégalités sociales, au sein du paysage sociologique français et international. Cette singularité est d’ores et déjà bien identifiée : elle s’appuie sur une solide capacité d’innovation méthodologique, combinant à la fois des exploitations longitudinales de bases de données de grande échelle et des dispositifs qualitatifs ou ethnographiques, déployés à l’échelon national tout comme en comparaisons internationales.

Cette ouverture méthodologique et cette solide assise empirique nourrissent une recherche profondément originale sur les recompositions des rapports sociaux : ceux-ci sont analysés, de façon dynamique, non pas uniquement sous l’angle de la stratification, mais aussi sous l’angle des perceptions et de leurs évolutions ; et c’est bien la maîtrise et la capacité d’articulation des méthodes, inscrites dans un dialogue renouvelé avec la socio-histoire et la socio-économie, qui fondent l’originalité empirique de ces travaux et marquent aujourd’hui la place du CMH dans la carte des sciences sociales contemporaines.

Le CMH est organisé en cinq axes depuis janvier 2019.

L’axe Inégalités et solidarités, dirigé par Isabelle Parizot et Florence Weber.
Le projet de cet axe résulte des recherches et réflexions qui ont été menées au sein de l’Equipe de Recherche sur les Inégalités Sociales (ERIS) au cours des dernières années sur la matrice de la sociologie des inégalités, des enquêtes menées par l’équipe Groupe de Recherche sur la Cohésion sociale (GRECO) sur la perception des inégalités et des projets portés par Florence Weber dans le cadre de la poursuite du programme MEDIPS et de la Chaire « Handicap psychique et décision pour autrui ».
Il s’agit d’analyser les solidarités de façon plurielle comme des formes potentielles d’accroissement ou de réduction des inégalités dans les sociétés contemporaines.
Le dialogue entre sociologie des inégalités sociales et des solidarités et ethnographie économique des politiques sociales s’organise autour de quatre mots-clés :

  • Territoires,
  • Trajectoires,
  • Représentations,
  • Régulations

L’axe Le travail depuis ses frontières, dirigé par Philippe Askenazy et Claude Didry.
Le travail fait ici l’objet de recherches qui se situent sur des terrains variés, et qui interrogent la notion même de « travail ». Ainsi, le travail – loin de toute évidence a priori– est envisagé à partir de la signification que lui confèrent les acteurs, en sortant par exemple de la focalisation sur le travail ouvrier ou d’exécution au sens d’une sociologie classique du travail centrée sur l’atelier. Pour cela, les recherches envisagent tout autant le travail dans une organisation qui en définit la portée, qu’il s’agisse d’une activité de fabrication, de réalisation d’un service, d’encadrement, de recherche que le « travail à côté » aux frontières des activités domestiques et de loisir ou encore le travail dans un espace internationalisé où prévaut un allongement de la « chaîne de valeur ». Il s’agit donc d’étudier le travail en l’articulant

  • avec le fonctionnement plus global des entreprises dans des économies mondialisées, en relation avec les cadres juridiques auxquels les acteurs se réfèrent pour appréhender leur activité professionnelle, engager des négociations collectives voire construire des litiges et des mobilisations collectives ;
  • avec la vie personnelle et les styles de vie, aux confins du « hors travail » ;
  • avec différents espaces nationaux ou périodes historiques, dans lesquels le travail perd parfois de sa netteté à l’épreuve notamment d’une « informalisation » de l’économie.

L’axe Sciences sociales du politique et du droit, dirigé par Johanna Siméant-Germanos et Liora Israël.
Cet axe vise à saisir le politique et le droit sans les désencastrer du monde social, et en les envisageant eux-mêmes comme des activités sociales dotées de leur consistance propre. Sans négliger les objets classiquement associés au politique et au droit (formes du gouvernement et de la compétition politique, personnel politique et juridique, activités des institutions, décisions de justice…), il adopte une conception processuelle et relationnelle du politique, du droit et du gouvernement. Dans cette optique, une place importante est accordée aux travaux comparatistes ou sur des terrains étrangers.
Quatre orientations structurent ces recherches :

  • l’ethnographie du gouvernement et de l’État ;
  • la place du droit et du politique, et des savoirs de gouvernement y afférant, dans les processus d’institution et de catégorisation ;
  • le continuum des formes de protestation, de mobilisation et d’expression du non-consentement ;
  • l’appréhension extensive du politique et du juridique comme activités sociales

L’axe Pratiques de l’écriture et matérialité des connaissances, dirigé par Béatrice Fraenkel, Bertrand Müller.
Cet axe fédère approches sociologiques, anthropologiques et historiques des connaissances savantes ou profanes, qui privilégient dans l’enquête les dimensions sociales, économiques et institutionnelles de leurs productions, de leurs circulations et de leurs appropriations. Une attention particulière est portée aux conditions matérielles des fabrications et circulations des connaissances, aux modalités de leurs inscriptions, de leurs mises en formes, ou encore celles de leur enregistrement, collecte, classification et conservation.
D’un point de vue théorique et méthodologique, cette approche est celle d’une ethnographie et d’une histoire qui s’efforce de croiser et d’articuler, en partant d’enquêtes de terrain, d’analyses historiques, de descriptions de processus et d’analyses matérielles, des pratiques intellectuelles, scientifiques, sociales et artistiques de l’écriture, des documents et des archives.

L’axe Imbrication des rapports sociaux : genre, classe, race, dirigé par Laure Bereni et Amélie Le Renard .
Cet axe prolonge et réoriente des recherches développées au sein du Centre Maurice Halbwachs depuis plusieurs années. Le CMH est marqué par une tradition d’analyse des classes sociales et de la stratification et parallèlement par un développement des perspectives de genre. L’objectif de l’axe est de faire fructifier ces deux dimensions en les articulant, et d’ouvrir une réflexion plus large, à la fois sur la construction des catégories d’analyse de ces hiérarchies sociales et sur l’imbrication des rapports sociaux. L’attention particulière accordée aux processus de racialisation et aux rapports sociaux de race correspond à une thématique émergente forte au cours des dernières années. S’intéresser aux rapports sociaux de genre et de race, en les articulant aux positions sociales et rapport de classe, permet d’approfondir la dénaturalisation des distinctions et des hiérarchies qui est au fondement de la démarche des sciences sociales. Au-delà de ce triptyque, cet axe est ouvert à toute réflexion sur l’imbrication de rapports de pouvoir multiples (sexualité, âge/génération, validocentrisme/handicap, nation/nationalité…), dans une pluralité de sphères de la vie sociale et de contextes.
Cet axe est structuré autour de deux ordres de questionnement. Un premier porte sur la construction des catégories d’analyse des rapports sociaux, à travers trois dimensions : une perspective épistémologique s’intéresse à l’historicité différente de ces catégories d’analyse dans la littérature de sciences humaines et sociales, et à leurs usages savants ; un autre ensemble d’interrogations consiste à explorer les stratégies d’enquête adaptées pour analyser ces rapports sociaux et leurs imbrications : la multiplicité des approches méthodologiques (archives, ethnographie, approches quantitatives…) constitue à cet égard un point fort de l’axe ; enfin, cette exploration des catégories inclut une analyse de leur circulation et de leur transformation d’une sphère sociale à une autre.
Le deuxième ordre de questionnement porte sur les objets d’enquête permettant de mettre en lumière l’articulation des rapports sociaux. Les membres de l’axe travaillent dans des contextes variés et avec un regard comparatif (France, Argentine, Maroc, Grande-Bretagne, États-Unis, Espagne, Émirats arabes unis, Tunisie, Iran…). Trois groupes d’objets se dégagent : mobilisations collectives, mondes du travail, sociabilités et intimités. La diversité des objets, des expériences et des contextes d’enquête au sein de l’axe enrichit nos échanges concernant l’analyse empirique de l’imbrication des rapports sociaux.