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Soutenance de thèse de Mathilde Caro

L’attachement social au lieu à l’épreuve du changement urbain. Monographie des rues Saint-Denis et Montorgueil, IIe arrondissement de Paris.

Mercredi 29 septembre 2021, à 14h
Lieu
 : Centre Maurice Halbwachs, 48 boulevard Jourdan, salle R2-02 (en mode hybride)
Jury :
Luís Baptista
, Nova FCSH Lisbonne 
Sabine Chalvon Demersay, CEMS, EHESS Paris
Emmanuelle Lallement, IEE, Université Paris 8 
Sylvie Mazzella, LAMES, Université Aix Marseille
Serge Paugam, CMH, EHESS Paris – directeur de thèse

Résumé :  
Comment deux rues proches spatialement peuvent-elles être socialement et symboliquement différenciées ? Le point de départ de cette recherche est l’observation d’une curiosité sociologique, aisément perceptible par celles et ceux qui parcourent les rues Saint-Denis et Montorgueil, situées à l’est du IIe arrondissement de Paris. Si la première est marquée par la présence du commerce du sexe, la seconde est associée à une rue marché, embourgeoisée. Toutefois, les gentrifications à l’œuvre reconfigurent les frontières sociales et symboliques d’une rue à l’autre, et bouleversent les repères de celles et ceux qui les vivent et les pratiquent au quotidien. Fondée sur une monographie de quartier, l’enquête qualitative réalisée met en évidence que l’expérience du changement urbain cristallise l’attachement au lieu des individus en présence, éprouvé dès lors qu’il est mis à l’épreuve. Dans cette perspective, cette recherche propose d’étudier l’attachement social au lieu, définit comme un processus par lequel des liens sociaux se nouent avec et par l’espace urbain. Recouvrant différents types de liens sociaux– de filiation, de participation élective, de participation organique, de citoyenneté – l’attachement social se caractérise par son ancrage spatial, doté d’une dimension affective. A partir d’une série d’indicateurs empiriques, la thèse étudie les fondements de l’attachement social au lieu, et s’intéresse à son développement, son altération, voire sa rupture, dans un contexte de changement urbain. L’enquête montre ainsi que l’ancrage mémoriel de liens sociaux est constitutif de l’attachement au lieu, et analyse en quoi différentes formes de changement urbain – piétonnisation, gentrification commerciale – peuvent reconfigurer les attachements sociaux au lieu des individus et des groupes. Enfin, elle saisit l’attachement au lieu en tant qu’objet de luttes sociales et causes d’engagement, pour résister au changement urbain, ou l’accompagner. L’approche des lieux par l’attachement permet non seulement de comprendre comment les individus s’intègrent socialement par le lieu dans lequel ils s’inscrivent, mais aussi d’appréhender les tensions et logiques d’exclusion à l’œuvre, dès lors que les liens au lieu sont mis à l’épreuve.