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Accueil > Activités scientifiques > Activités scientifiques antérieures > Soutenances de thèses 2020

Soutenance de thèse de Margareta Von Oswald

Working through colonial collections. ’Africa’ in Berlin’s Humboldt Forum

Jeudi 15 octobre 2020, 10h15
Lieu
 : Université Humboldt de Berlin
Jury
Mme Béatrice Fraenkel
(Directrice de thèse), EHESS
Mme Sharon Macdonald (Directrice de thèse), Humboldt-Universität zu Berlin
M. Emmanuel Grimaud, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
M. Kerstin Pinther, LMU Munich
Mme Alice Von Bieberstein, Humboldt-Universität zu Berlin
Résumé
Cette thèse prend comme point de départ les processus actuels de transformation des musées ethnologiques en Europe pour analyser comment les héritages coloniaux sont travaillés dans le présent. La thèse propose la notion de « working through » (travailler au travers de) pour argumenter comment le musée confronte le passé colonial. L’analyse s’appuie sur un travail ethnographique mené au sein du département Afrique du Musée Ethnologique de Berlin (2013-2015), et en particulier sur la préparation des expositions permanentes devant être intégrées dans le très controversé Humboldt Forum, qui ouvrira en 2020 sur l’Île des Musées de la capitale. Comment les héritages coloniaux du musée s’expriment-ils dans la vie quotidienne de cette institution ? Comment le personnel des musées aborde-t-il les héritages coloniaux, tant matériels qu’immatériels, alors qu’ils sont de plus en plus contestés ? L’analyse de la mise en place du Humboldt Forum couvre une période particulière de la négociation du passé colonial allemand. Dans un contexte national longtemps qualifié d’« amnésique » quant à son passé colonial, les années 2013 à 2019 ont été caractérisées par une reconnaissance (politique) croissante, ainsi que le financement et le développement de programmes e td’institutions visant à traiter et à travailler sur le projet colonial ainsi que ses répercussions contemporaines. Bien que la thèse mette en lumière les efforts défendus par le personnel pour identifier et aborder publiquement les héritages coloniaux du musée, elle se concentre avant tout sur la façon dont le personnel s’efforce de trouver des alternatives aux cadres et ordres disciplinaires du musée, aux conventions professionnelles et aux hiérarchies institutionnelles,. La thèse traite donc particulièrement des limites et frontières auxquelles le personnel est confronté lorsqu’il tente de travailler sur l’héritage colonial du musée. Elle met en évidence l’existence de mécanismes constants d’attraction et de répulsion, ainsi que le risque de reproduire, de stabiliser et de légitimer le musée comme héritage colonial : des tensions qui découlent inévitablement du traitement même de tout héritage contesté. La thèse n’analyse donc pas seulement le musée ethnologique dans sa quête pour définir sa position et pour comprendre sa relation avec son passé colonial. Elle renvoie plutôt à des questions plus générales sur la façon dont les héritages coloniaux ont été « travaillé à travers » - les négociations d’identités berlinoises et allemandes, les politique de mémoires et finalement, la relation entre le colonialisme, le racisme et les politiques actuelles d’identités.