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Séminaire, Les corps travaillés par les institutions

Séminaire organisé par des membres du CMH

Séance 7 - vendredi 9 juin, de 14h à 17h
Lieu
 : Campus Jourdan - 48, bd. Jourdan, 75014 Paris, salle R3-46
● Comment compter, décrire et objectiver les vêtements ? Les débuts d’une enquête collective - Collectif “Phringues” (Pascal Barbier, Lucie Bargel, Amélie Beaumont, Muriel Darmon, Lucile Dumont - EHESS/Université Paris 1/CNRS, CESSP)

Résumé :
Substrat et support des rapports sociaux, le corps est devenu un objet central des sciences sociales. Les manières dont le social s’incorpore, se reproduit, se transmet et s’actualise par le biais du corps font l’objet d’une vaste littérature, tant en anthropologie, qu’en sociologie et en histoire.
Or, il apparaît que les chercheurs et chercheuses en sciences sociales sont confronté(e)s à un double obstacle lorsqu’il s’agit d’observer et de décrire concrètement les processus d’incorporation. Le premier concerne les grilles de codages et d’analyse, les instruments à notre disposition pour décrire, mesurer et comparer les corps, les postures et les gestuelles, puis pour leur appliquer une qualification sociale raisonnée. Tout un langage est à inventer pour désigner précisément ce qui demeure souvent une imposition de catégories de l’entendement sociologique à des impressions fugaces, qui ne sont pas systématiquement collectées (« une gestuelle typiquement masculine » ou bien « des postures typiquement féminines », ou encore des « des manières de se tenir de classes populaires »). Le second obstacle a trait aux moyens à disposition pour observer et mesurer l’incorporation du social au quotidien, le travail diffus que cette incorporation opère sur les corps dans la trame des pratiques les plus ordinaires. Si certaines instances de socialisation rendent ce travail particulièrement saillant, donc relativement aisé à observer, des pans entiers des processus de socialisations demeurent dans l’ombre parce qu’inscrits dans des pratiques auxquelles le chercheur n’a généralement pas accès. Cette seconde dimension du problème nous amènera aussi à nous interroger sur le laboratoire à envisager pour réussir à saisir le travail continu de l’incorporation, dans sa partie la moins observable « à l’œil nu », et à regarder en direction d’autres disciplines afin de trouver de nouveaux moyens de penser l’incorporation comme processus continu (et qui demeure souvent à l’état de véritable “boîte noire” sociologique).
Les séances seront articulées autour d’un axe résolument méthodologique et pluridisciplinaire. Toujours à partir de la présentation d’enquêtes par leurs auteur-rice-s, il s’agira de mettre sur le plan de travail ce qui reste souvent du côté des cuisines ou des appendices méthodologiques, et ainsi de décortiquer les instruments provenant de différentes disciplines (savantes ou artistiques : anthropologie, sociologie, histoire, ergonomie, psychologie sociale de l’activité, chorégraphie) ou de différents sous-domaines de la sociologie (sociologie du sport, sociologie des vêtements, ethnographie du travail). Sous un autre aspect, il s’agira de s’interroger collectivement sur les conditions d’usage de ces instruments, leurs apports et leurs limites pour constituer de nouvelles connaissances sociologiques.

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