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Etre comme tout le monde. Employées et ouvriers dans la France contemporaine

Parution le 18 juin 2020

Sous la direction de Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz et Yasmine Siblot.
2020. Raisons d’agir, "Cours et travaux". 480 pages. ISBN 9791097084066
Il est question dans ce livre de ces femmes et de ces hommes, employées ou ouvriers, qui vivent des revenus de leur travail et s’efforcent de « s’en sortir » par eux-mêmes. Ces travailleurs représentent, aujourd’hui encore, un groupe social stable et important. Beaucoup plus qu’autrefois, ils entrent en interaction directe avec les membres des classes moyennes et supérieures, comme clients ou professionnels de services (garde d’enfants, santé, éducation, commerce, sécurité, transports publics, etc.). Par leurs aspirations, leur fréquentation plus longue du système scolaire, leur accès à la consommation, ils se rapprochent des catégories moyennes ; en même temps, ils demeurent éloignés du capital culturel, leurs ressources économiques restent incertaines et leur travail, peu payé et peu considéré, est toujours subalterne.
Par des portraits de couples et de familles, résidant dans des espaces aussi bien ruraux qu’urbains, de générations et d’âges différents, ce livre éclaire ce que signifie « s’en sortir » ou plus exactement « s’en sortir à peu près » dans la société française actuelle. À rebours des discours convenus sur la « France périphérique » ou sur le « déclassement des classes moyennes », il donne à voir les conditions d’existence de ces classes populaires, stables mais fragiles, leurs pratiques à la fois publiques (travail, sociabilités, engagements bénévoles, rapport à la politique et aux institutions) et privées (économie domestique, rapports de genre et entre générations, loisirs individuels et « temps pour soi »).
Cette série de 21 portraits montre comment ces femmes et ces hommes travaillent à « être comme tout le monde », c’est-à-dire à éviter la relégation parmi les « assistés » et à s’affirmer comme membres à part entière de ce que Robert Castel appelait la « société des semblables ». Elle fait comprendre leurs aspirations autant que leurs déceptions et leurs griefs, la manière dont ils s’efforcent de jouer le jeu d’un ordre social qui pourtant leur fait peu crédit.